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Saint Gérand le Puy/Patrimoine

Patrimoine

L'église Saint Julien

Édifice du XIème siècle, elle a la particularité de posséder une nef en berceau contrebuté par les voûtes en quart de cercle des bas-côtés, à la manière auvergnate. Par son plan rectiligne, son dénuement et son absence de sculptures, à la manière cistercienne, elle présente une parenté avec l’église voisine de Langy. Comme cette dernière, elle est éclairée directement au-dessus des grandes arcades. 
Le plan comprend quatre travées de nef anciennes et une travée occidentale moderne, flanquée de collatéraux. Au XIXème siècle, l’église fait l’objet de quelques modifications. L’abside est dotée d’un chevet plat et de deux chapelles de forme rectangulaire.
 
L’extérieur de l’édifice est très remanié au XIXème siècle. Seules les corniches des murs latéraux du chœur, soutenues par des modillons sculptés, sont demeurées en place.
Un clocher carré s’élève sur la travée orientale de la nef. Il est épaulé sur les angles par des contreforts plats terminés en talus. Il présente un étage roman, très remanié, percé de deux baies en plein cintre sur chaque face. Un clocheton moderne le couronne. 
 

L’église offre une grande variété de décors peints superposés au fil du temps du Moyen-Âge jusqu’au XIXème siècle. L’ensemble le plus visible est le plus récent. Il est constitué de frises, d’un faux-appareil de pierres, de draperies et, sur une portion de voûte, d’une composition remarquable de croix grecques et de cercles à fond bleu dans lesquels sont inscrites les litanies de la Vierge, accompagnées ou non de leur symbole. A certains endroits où la couche supérieure de l’enduit a cédé, des décors plus anciens apparaissent. Des fenêtres ouvertes par des peintres-restaurateurs sous forme de petits rectangles ont été effectués à plusieurs endroits et montrent des couches picturales encore plus anciennes vraisemblablement médiévales.
 
L’église Saint-Julien de Saint-Gérand-le-Puy est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 19 avril 1932. 


Le lavoir

Le lavoir d’hiver : dodécagonal du XIXème siècle.Ce lavoir en briques, pierres et bois présente une architecture exceptionnelle : cet édifice a une forme dodécagonales rare (il en existe seulement trois en France).
Son toit pentu en ardoise permet de recueillir les eaux de pluie pour le lavage, tout en abritant l’espace situé près du bassin.
Il reste trois cheminées sur quatre, qui permettaient de chauffer le lavoir et de fournir des cendres utilisées comme détergent.
La quatrième cheminée a probablement été remplacée par une porte.
Le lavoir est doté en tout de trois portes. A l’intérieur, les poutres en bois surplombant les cheminées et les planches à laver ont disparu puis ont été restituées dans le cadre de la restauration.
Un second bassin utilisé pour la saison estivale, un petit bâtiment dépendant pour les lavandières, et des fils pour étendre le linge qui étaient situés aux abords du lavoir ont disparu.
La richesse de cette architecture laisse penser qu’il a été financé au moins en partie par une bourgeoisie nombreuse et aisée à Saint-Gérand-le-Puy.
Sa création a peut être bénéficié des 600 000 francs mis à disposition par l’Etat (à travers une loi de 1851) pour les communes n’ayant pas les moyens suffisants pour se doter d’un lavoirs.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité des idées des Lumières et des théories hygiénistes du XIXème siècle,  en faveur d’un développement de la salubrité publique.
 
Le « lavoir des quatre murailles » utilisé par les femmes habitant le bourg constitue également une expression de notre patrimoine ethnologique.
Bien qu’effacée par la généralisation des appareils ménagers, l’image d’un linge battu et rincé au lavoir charme toujours notre mémoire.
Elle nous replonge dans un temps où la lessive avait son rituel, ses figures et ses cancans.
Ainsi le lavoir témoigne d’un savoir faire qui disparaît avec l’invention de la machine à laver dans les années 1950-1960.

La réhabilitation du lavoir a donc un rôle symbolique mais également social dans le sens où il permet le maintient de la mémoire collective, celle d’une communauté.

Au-delà de cet aspect patrimonial très important, ce site a un intérêt géographique.
La situation du lavoir offre un point de vue exceptionnel sur la Montagne Bourbonnaise et la Chaîne des Puys.
Elle offre également un vis-à-vis intéressant sur le bourg surplombé par l’église Saint-Julien, dont le clocher en ardoise rappelle celui du lavoir.
On peut également y apprécier un paysage caractéristique du Val d’Allier Forterre (le terme de Forterre désigne un sol fertile provenant d’anciens marécages assainis vers 1840-1850) avec ses vallons, ses bocages, ses ruisseaux, ses cultures céréalières, ses bois…
Le lavoir témoigne enfin de l’abondance de sources qui fait la réputation de la région (et notamment de la ville de Vichy qui se situe à une quinzaine de kilomètres).